| Mignonnes, allons voir au bad |
|
Mignonne, allons voir si la rose A Cassandre Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avoit desclose Sa robe de pourpre au Soleil, A point perdu ceste vesprée Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vostre pareil. Las ! voyez comme en peu d'espace, Mignonne, elle a dessus la place Las ! las ses beautez laissé cheoir ! Ô vrayment marastre Nature, Puis qu'une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir ! Donc, si vous me croyez, mignonne, Tandis que vostre âge fleuronne En sa plus verte nouveauté, Cueillez, cueillez vostre jeunesse : Comme à ceste fleur la vieillesse Fera ternir vostre beauté. Vous allez me demander quel peut être le lien entre Pierre de Ronsard, ce poème, et le badminton féminin. Évidemment, d’une certaine façon, aucun ! Mais à d’autres égards, plusieurs, ne serait-ce que l’invitation à l’action. La gente féminine reste en effet un souci constant, pas seulement depuis toujours pour maintes artistes et écrivains, mais aussi, d’une façon plus pragmatique certes, dans le domaine du sport. Le manque en compétitrices y est chronique, cela pas uniquement dans notre club, mais même à haut niveau, dans les équipes de France. S’y ajoute le nombre important de jeunes compétitrices, pleines de potentiel, qui arrêtent la compétition, voire le sport tout court. Et souvent, malgré un suivi individualisé, malgré des moyens importants mis en œuvre ! Vivant ces problèmes aussi dans notre club, le Volant des Dômes ressent l’urgence de l’élaboration d’un pôle féminin. Des pistes sont ouvertes. Espérons qu’elles suivent la même dynamique que notre Ecole des Jeunes. Pour l’instant, essayons d’enrichir le débat. Revenons donc à notre début de réflexion: comme pour Pierre de Ronsard, toute l’histoire de l’humanité est riche en créations artistiques qui s’inspirent de ce mystère qu’est l’être féminin : selon les sociétés, les époques et les idéologies les représentations sont très diverses et multiples : déesses, femmes objet, sorcières, fées, mères, beautés, compagnes, sexe faible, intrigantes, sources de vie, guerrières,… En France, dans le sport haut-niveau, dont le badminton, l’on prend petit à petit conscience de la nécessité d’avoir une approche particulière vis-à-vis des compétitrices. Ainsi c’est tenu le 13/12/02 à Angers un stage qui essayait de donner quelques pistes sur « Comment aborder le public féminin au badminton » . Ce stage a été animé par Sandra Dimbour dans le cadre des rencontres de formation continue organisées régulièrement par l’Ecole Nationale de Formation au Badminton. Sandra aborde ce sujet sous trois angles : les représentations générales, son propre vécu et les spécificités du badminton. Je tenterai d’en donner une synthèse, mais vous pouvez avec bénéfice en lire la totalité ( cliquez ici ). 1 – Les représentations généralesSandra constate qu’un certain nombre de représentations ont la vie dure : l’homme fort, l’homme qui fait, agît, et par opposition, la femme ou fille moins forte, qui subit, ou qui essaie, d’une façon plus indirecte, ou différemment, d’obtenir la même chose que ce que veut l’homme. De même, on constate qu’elles viennent au sport en premier lieu pour le côté social, humain, le beau geste, mais qu’elles n’aiment pas trop la confrontation directe, la compétition. En conséquence, l’entrainement d’une joueuse s’appuiera davantage sur le relationnel, les explications, tout en gardant les mêmes méthodes et exercices. Sandra souligne aussi certains aspects psychologiques : jalousies, convoitises, bouderies, blocages qui rendent parfois le travail de l’entraineur difficile. « Une fille qui ne veut pas, elle peut saper tout une séance d’entrainement, p.ex. elle peut faire exprès de mal distribuer des volants ». Il faut savoir gérer cela, le groupe féminin, être à l’écoute, expliquer, savoir faire passer des objectifs qui font que la joueuse adhère à l’entrainement. Elles sont alors capables de s’entrainer mieux que les garçons. 2 – Son vécu personnelSandra se considère comme atypique, comme elle pense que le sont la plupart des sportifs de haut niveau. Elle a été sélectionnée trois fois pour les J.O. Elle aime l’aspect compétition, en faire voir à l’adversaire, aller au bout de ses forces, se dépasser. Au badminton, commencé relativement tard à 13/14 ans, mais étant déjà sportive, elle a tout de suite évoluer dans des groupes d’adultes, ce qui, selon elle, lui a évité les pertes de temps et d’énergie liées à l’adolescence. Par ailleurs, elle souligne l’effet stimulateur de son entraineur de l’époque qui avait compris comment elle fonctionnait : Du coup, pour elle, elle sortait de chaque entrainement en ayant l’impression d’avoir appris quelque chose (pas forcément nouveau, mais revu, amélioré). 3 - Les spécificités du badmintonLe badminton fonctionne souvent en sport mixte ( en jeu libre, à l’entrainement, voire même en compétition ). Il faut travailler d’une part les spécificités du double mixte, où il peut y avoir opposition de femme/homme. Elles concernent des placements, gestes et trajectoires spécifiques qui sont expliqués dans un autre rapport qui parle uniquement du double mixte (cliquez ici). D’autre part, comme pour les garçons, il faut travailler la technique. Les mêmes exercices peuvent être proposés, mais la présentation doit éventuellement être adaptées, plus d’explications données. En ce qui concerne par ailleurs la technique, Sandra observe un paradoxe. S’il est admis que la femme aime le beau geste, Sandra constate (en 2002) qu’en France le niveau technique (déplacement, maniabilité) des joueuses n’est pas beau à voir, que l’on est loin derrière les joueuses des grandes nations du badminton. Elle observe néanmoins que les joueuses du top mondial sont belles à voir jouer, et elle suggère de montrer ces matches aux jeunes joueuses de club, l’objectif étant d’améliorer les qualités techniques des joueuses (de frappe et de déplacement). Ceci dit, les stratégies en simple dame, même à haut niveau, s’appuient sur les spécificités féminines (notamment : moins de puissance). L’objectif premier du coup est d’agrandir le terrain de l’adversaire, d’où la tactique de base : mettre le volant au fond, une, deux voire trois fois, puis casser en envoyant le volant au filet, et si ça revient, on recommence. Et quand l’adversaire a compris, on inverse l’ordre : d’abord le filet, puis au fond, etc… Rares sont les phases où l’on rentre dedans tout de suite, comme cela arrive plus souvent en SH. C’est un peu caricatural, mais ces principes sont les mêmes à tous les niveaux, ce qui change bien sûr c’est la qualité des frappes ! En attendant d’autres articles, des approfondissements, il ne me reste plus qu’à vous inviter à la pratique, au stage filles du 7 mars, et puis au Flash de Double Dame qui aura lieu samedi 28 mars à Clermont-Ferrand au Gymnase Brugière. Retrouvez également un excellent livret sur le double mixte et un autre sur l'entrainement spécialisé pour ces jeunes demoiselles.
|











